Qu’est-ce qui nous motive au travail ?

 

 

Sept heures du matin, le réveil sonne. Nous savons que dans deux heures, nous allons nous rendre sur notre lieu de travail pour accomplir des tâches spécifiques, comme chaque jour. Quels sont les facteurs qui nous incitent à nous lever ?
L’économiste comportemental américain Dan Ariely nous explique, à travers la vidéo ci-dessus, que contrairement aux idées reçues, le salaire ne fait pas tout. Il semble que nous vibrons au rythme de nos progrès et de nos aspirations.

 

Décryptage

 

Dan Ariely commence sa conférence en évoquant les expériences d’un alpiniste. Les récits de ce sportif de l’extrême n’évoquent pas la joie mais les douleurs tels que le froid, la difficulté à respirer, la solitude… Une fois en bas de la montagne, le sportif ne pense qu’à une chose : y retourner.  L’être humain s’intéresse donc au combat et au challenge. S’il ne pensait qu’au plaisir, il irait « siroter des cocktails » sur une plage de sable fin.

L’Homme a besoin de donner un sens à tout ce qu’il entreprend. Cette idée est évidemment transposable au monde de l’entreprise. Le travail inutile et sans fin est totalement démotivant.

Dan Ariely s’est rendu dans une grande entreprise informatique américaine pour réaliser une expérience. Il a distribué des feuilles de papier sur lesquelles étaient écrites des lettres dans le désordre. Il a demandé à chaque participant de former des paires de lettres identiques en proposant une rémunération pour chaque feuille rendue. Les « cobayes », tous rémunérés, ont eu trois types de réponses de la part du laborantin.

  • Pour un premier groupe, le laborantin leur demande de noter leur nom en haut de la feuille. Il ramasse les copies, jette un œil au travail et lance un simple « hum hum ».
  • Pour un deuxième groupe, il ne leur demande pas de noter leur nom et ne vérifie pas leur travail. Il se contente de poser la feuille sur la pile.
  • Pour le dernier groupe, il prend la feuille remplie et la met dans la déchiqueteuse sans même la regarder.

 

Résultat : le premier groupe continue à travailler sur plusieurs feuilles. En revanche, le deuxième et le troisième groupe arrêtent l’exercice. Ils auraient pourtant pu continuer à gagner de l’argent sans vraiment travailler, sachant que le laborantin ne vérifiait rien.

 

Nous constatons donc que lorsque son supérieur ignore son travail, c’est aussi terrible pour le salarié que de voir son travail détruit sous ses yeux.

 

Dan Ariely s’attache ensuite aux « fruits du labeur ». Une société a mis en vente des gâteaux prêts en 5 minutes. Il suffisait juste de rajouter des œufs  de l’eau à la pâte déjà préparée. C’était très peu vendeur ! Pourquoi ? Parce que cela n’impliquait pas assez d’efforts du consommateur-acteur. Les consommateurs n’avaient pas l’impression que c’était « leur gâteau ». La société a changé sa recette. Maintenant, la personne doit casser des œufs et les ajouter à sa pâte. Et là, ça marche ! Les ventes ont explosées, grâce à cette appropriation par l’effort.

 

L’économiste termine sa conférence en citant Karl Marx et Adam Smith, deux théoriciens totalement opposés en termes de philosophie d’entreprise.

Ainsi, selon Adam Smith, un ouvrier qui réalise les 12 étapes dans une fabrique d’épingles, mettra beaucoup plus de temps qu’un salarié qui fait une seule des 12 étapes et qu’il répète tout le temps. Alors que Karl Marx, au contraire, parle d’aliénation au travail qui finit par être contre-productive. Pour lui, un salarié qui réalise le produit de A à Z sera beaucoup plus impliqué et productif qu’un salarié qui répète toujours la même micro tâche. Selon Dan Ariely, pendant la révolution industrielle, Adam Smith était plus dans le vrai que Karl Marx. Mais aujourd’hui, dans une « économie du savoir », où le rendement n’est plus prioritaire sur le sens, c’est Marx qui gagne.

 

 

Lorsque l’on parle de travail, nous voyons d’abord notre motivation et notre salaire comme étant liés. En réalité, il faut y ajouter selon Dan Ariely :

  • le sens
  • la création
  • le défi
  • l’appartenance
  • l’identité
  • la fierté

 

 

La bonne nouvelle, c’est qu’en rassemblant tous ces éléments et en les appliquant auprès de ses collaborateurs, nous opérons une stratégie gagnant-gagnant. Les salariés sont plus productifs et plus heureux, et vice-versa. 

 

 

Citons Comte Sponville pour conclure : « Le travail, parce qu’il n’est pas une valeur morale, ne vaut rien, c’est pourquoi on le paye. Mais si le travail n’est pas une valeur morale, il doit cependant avoir un sens. » Et le sens du travail, toujours selon Comte Sponville, renvoie toujours à autre chose que le travail. En ce sens, le travail contribue à autre chose que le salaire qu’on en reçoit.

 

Aux managers de redoubler d’attention, d’idées et de leadership pour aider chacun des collaborateurs dans cette quête de sens et de plaisir, accélératrice de performance bien sûr.

 

 

 

L'équipe

A propos L'équipe

L'équipe Akor consulting est spécialisée dans l'accompagnement humain des transformations, en France et à l'international. Forte des origines très diverses de ses consultants, elle met en place de façon dynamique des projets de conseil, formation, coaching et teambuilding auprès des entreprises en changement. Enthousiaste dans l'état d'esprit, pragmatique dans les résultats et innovante dans la démarche, elle a déjà accompagné plus de 500 entreprises.

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